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12 Nov

L'âme telle que Descartes la pense

Publié par Pascal Jacob

Je cherchais donc une définition de l'âme et je suis tombée sur cette citation de Descartes : " en sorte que ce moi, c'est-à-dire l'âme par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement distincte du corps, et même qu'elle est plus aisée à connaître que lui"
Mais je ne comprends pas du tout sur quoi s'appuie Descartes pour affirmer que l'on puisse connaître notre âme mieux que notre corps car notre corps on en a connaissance par nos sens alors que l'âme non. De plus notre corps il nous dit ses limites avec la souffrance (par exemple après un effort physique) ou encore avec des réactions (un bleu après une chute)
Alors que l'âme, ni la science ni nos expériences ne peuvent clairement la définir.

Psyché

L'inconscient est le psychique lui-même et son essentielle réalité. Sa nature intime nous est aussi inconnue que la réalité du monde extérieur, et la conscience nous renseigne sur lui d'une manière aussi incomplète que nos organes des sens sur le monde extérieur. (Freud)

Nous sommes en effet largement héritiers de la conception que Descartes se fait de l'âme. A sa suite, nous la voyons parfois comme une substance spirituelle et immatérielle qui habiterait notre corps. Ce dernier serait alors une sorte d'enveloppe, un tombeau, selon l'expression de Platon.

Si l'âme est, comme le croit Descartes, une substance pensante qui est le "moi", alors il est évident que l'âme se pense elle-même de façon immédiate. En revanche, je (mon âme) connais mon corps de façon médiate, par l'intermédiaire des sens, dont on sait en plus qu'ils sont trompeurs.

Pour Descartes, l'âme est le principe de notre vie intellectuelle. Mais il est incapable de montrer comment elle peut agir sur le corps, étant substantiellement distinct de lui.

 

 

« Ceux qui ne philosophent jamais, et qui ne se servent que de leurs sens, ne doutent point que l’âme ne meuve le corps, et que le corps n’agisse sur l’âme ; mais ils considèrent l’un et l’autre comme une seule chose, c'est-à-dire, ils conçoivent leur union ; car concevoir l’union qui est entre deux choses, c’est les concevoir comme une seule. Et les pensées métaphysiques, qui exercent l’entendement pur, servent à nous rendre la notion de l’âme familière ; et l’étude des mathématiques, qui exerce principalement l’imagination en la considération des figures et des mouvements, nous accoutume à former des notions du corps bien distinctes ; et enfin, c’est en usant seulement de la vie et des conversations ordinaires, et en s’abstenant de méditer et d’étudier aux choses qui exercent l’imagination, qu’on apprend à concevoir l’union de l’âme et du corps. »

Descartes ne montre pas comment cela est possible, même si le phénomène de la pesanteur est pour lui l'exemple d'un mouvement causé sans contact.

Si maintenant nous laissons de côté "ce que pense Descartes" et que nous cherchons à connaître la réalité des choses, on partira comme Aristote d'une définition nominale de l'âme : L'âme est ce par quoi nous vivons. Le mot désigne le principe qui fait d'un ensemble d'éléments un corps qui soit en même temps un.

Si la vie est "l'ensemble des fonctions qui résistent à la mot" (Bichat), alors la mort nous dit aussi ce qu'est la vie. La mort décompose le corps, tandis que la vie le compose. Si nous parlons de l'âme, c'est que nous comprenons que le corps n'est pas composé par les seules propriétés de la matière. Le corps est un corps capable de vivre (se nourrir, croître, engendrer, sentir, penser) parce qu'il est organisé par une force vitale, qu'on appelle l'âme. C'est elle qui individualise le corps, le distingue des autres corps, le compose, le répare, le met en mouvement et lui permet de poser les actes de la vie.

On comprend par là que l'âme est une cause formelle, qui organise le corps, mais aussi du fait même le définit. Le corps n'existe pas sans l'âme, puisque c'est elle qui le fait exister.

C'est pourquoi la définition qu'en donne saint Thomas est plus proche de la vérité : l'âme est l'acte premier d'un corps organisé en puissance à la vie.

L'âme n'est pas uni au corps comme un pilote dans un navire, mais comme une forme à une matière. 

Ainsi cette feuille de papier rectangulaire n'est pas du papier qu'on aurait uni à un rectangle, mais c'est bien la rectangularité de ce papier qui en fait une feuille et lui donne ses propriétés.

Il en est ainsi de l'âme. Unie au corps comme une forme à la matière, elle lui donne d'exister et d'être capable des actes de la vie.

Si l'âme, comme forme, donne au corps son acte d'être (actus essendi), elle dépend du corps dans tous les actes qui dépendent d'un organe de ce corps. De telle sorte que la pensée pose la question de l'immortalité de l'âme.

En effet, nos sens reçoivent leur objet par un organe : la couleur, la saveur... Mais nos idées ne sont pas reçues dans le cerveau, elles ont une sorte d'existence spirituelle qui fait que nous parlons d'esprit.

Pour aller plus loin : 

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Blog destiné aux Terminales en Philosophie