Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 Sep

Un peu de logique

Publié par Pascal Jacob

Un peu de logique

Le but de ce chapitre est de présenter de manière plus approfondie les compétences demandées et les moyens de les acquérir. A l’examen, ces compétences sont évaluées au moyen d’un exercice, qui consiste au choix du candidat en une dissertation (sujets 1 et 2) ou en une explication de texte (sujet 3).

Parmi les compétences en question, on soulignera :

Conceptualiser, énoncer, analyser, synthétiser, raisonner, argumenter et interroger

Conceptualiser, c’est former un discours capable de dire ce qu’est une chose, cad une définition.

Enoncer, c’est être capable de dire de quoi on parle et ce que, le plus précisément possible, on veut en dire.

Analyser, c’est dégager les éléments fondamentaux d’une notions.

Synthétiser, c’est restituer

développer un esprit critique et de synthèse

maîtriser la parole et l'expression écrite dans leurs articulations logiques

remonter aux principes fondamentaux des savoirs et de l'action

poursuivre une discussion de façon rationnelle

intégrer les savoirs

décider et poser des jugements en se référant à des valeurs réfléchies

travailler avec méthode

Savoir, c’est posséder la cause. Ainsi le savoir peut-il s’appuyer

sur la cause matérielle : si le travail est fatigant, c’est parce que nous avons un corps matériel ! Cette cause introduit une certaine contingence.

sur la cause efficiente : si une guerre se déclenche, c’est parce qu’un homme l’a voulu ; La volonté humaine est une cause libre, ce qui là aussi introduit une certaine contingence.

sur la cause formelle en général au sens d’essence : si les diagonales du carré se coupent en leur milieu, c’est parce que le carré se définit comme un quadrilatère de telle nature.

Sur la cause finale : si l’œil a cette structure, c’est pour permettre la vue ; si je prends le train, c’est parce que je vais à Paris.

Qu’est-ce qu’une argumentation ?

Une argumentation est un discours par lequel nous cherchons à établir la vérité ou la fausseté d’une proposition. Ici, nous nous contentons d’une définition très commune du mot vérité : dire qu’une proposition est vraie, c’est dire que ce qu’elle dit est conforme, adéquate, à la réalité.

Quelques remarques s’imposent ici, rapidement :

On distingue L’argumentation scientifique, qui vise à établir une vérité certaine ; L’argumentation dialectique, qui vise à établir une thèse vraisemblable (Cela peut-être en raison de la personne à qui je m’adresse, ou bien en raison de la matière dont je traite) ; l’argumentation rhétorique, qui vise à mobiliser les passions autour d’une thèse ; et enfin la réfutation, qui vise à montrer la fausseté d’une argumentation.

une argumentation peut avoir pour but d’établir la vérité, ou simplement d’établir quelque chose de vraisemblable..

Argumenter, c’est mettre en évidence la cause par laquelle une proposition est vraie. Au sujet de l’argumentation, il faut commencer par étudier l’argumentation parfaite, ou le syllogisme parfait.

Le syllogisme parfait se présente toujours sous la forme de deux propositions (appelées prémisses) du type :

Prémisse 1 : nécessairement tout B est A

Prémisse 2 : nécessairement tout C est B

Si les deux prémisses sont vraies, il découle logiquement une proposition appelée conclusion, ici

Conclusion : nécessairement tout C est A

remarque sur les prémisses :

une prémisse est une proposition dans laquelle un prédicat (P) est dit d’un sujet (S). Elle peut être soit universelle (si le Prédicat est affirmé (ou nié) de tout ce que désigne le sujet), soit particulière, (si le prédicat est affirmé (ou nié) d’au moins une « chose » que désigne le sujet).

On distinguera donc :

la prémisse universelle affirmative : Tout B est C, qui revient à Quelque C est B mais non réciproquement ;

la prémisse universelle négative : Aucun B n’est C, qui revient à Aucun C n’est B et réciproquement ; Elle n’est pas équivalente à « Tout B n’est pas C »

la prémisse particulière affirmative : Quelque B est C ;

la prémisse particulière négative : Quelque B n’est pas C (équivalente à Tout B n’est pas C) ;

Sur les seize « syllogismes » que l’on pourrait former, on retiendra seulement ceux qui rendent nécessaire une conclusion.

Tout B est A

Tout B est A

Tout B est A

Tout B est A

Tout C est B

Aucun C n’est B

Qq C est B

Qq C n’est pas B

donc Tout C est A

aucune conclusion

Qq C est A

aucune conclusion

Aucun B n’est A

Aucun B n’est A

Aucun B n’est A

Aucun B n’est A

Tout C est B

Aucun C n’est B

Qq C est B

Qq C n’est pas B

Aucun C n’est A

aucune conclusion

Qq C n’est pas A

aucune conclusion

Qq B est A

Qq B est A

Qq B est A

Qq B est A

Tout C est B

Aucun C n’est B

Qq C est B

Qq C n’est pas B

aucune conclusion

aucune conclusion

aucune conclusion

aucune conclusion

Qq B n’est pas A

Qq B n’est pas A

Qq B n’est pas A

Qq B n’est pas A

Tout C est B

Aucun C n’est B

Qq C est B

Qq C n’est pas B

aucune conclusion

aucune conclusion

aucune conclusion

aucune conclusion

Le terme B est appelé « moyen terme » : il est la clé de l’argument, mais n’apparaît pas dans la conclusion.

Remarque importante : le moyen terme doit être le même dans les deux prémisses, c'est-à-dire exprimer rigoureusement la même notion.

Dans son traité de logique (l’organon), Aristote définit trois figures du syllogisme, qui toutes peuvent se ramener à la première, et dans lesquelles nous pourrons reconnaître ceux que nous avons retenus.

Dans la première figure, le moyen terme est prédicat d’une prémisse et sujet de l’autre :

tout B est A

tout C est B

Dans la deuxième figure, le moyen terme est prédicat dans chaque prémisse, ce qui suppose que la prémisse qui contient

Dans la troisième figure, le moyen terme est deux fois sujet, ce qui nécessite la conversion de la mineure : « Tout C est B » se convertit en « Quelque C et B ».

Remarques sur le syllogisme parfait

Aristote, père de la théorie du syllogisme, le définit ainsi : « un discours dans lequel, certaines choses étant posée, il s’ensuit nécessairement autre chose que ce qui a été posé ». En d’autres termes, un syllogisme est un discours de deux prémisses contenant seulement trois termes, dont découle nécessairement une conclusion.

Les syllogismes imparfaits

  • l’enthymème est un syllogisme qui s’appuie sur un signe plus ou moins nécessaire, ou sur une prémisse simplement vraisemblable (ce qui arrive la plupart du temps, comme « détester les envieux ». Un signe est ce qui entraîne l’existence d’autre chose, comme la fumée est signe de l’existence du feu. Ainsi bailler est signe de la fatigue. Lorsque l’on prononce cet argument, on omet justement d’énoncer la prémisse qui rapporte le signe à sa cause, surtout lorsque le lien entre le signe et sa cause est faible.

Par exemple on dira : cet homme a menti, donc il est coupable. La prémisse manquant : celui qui ment est coupable, n’est pas énoncée, parce qu’elle n’est pas nécessaire. Le mensonge n’est qu’un signe, peu nécessaire, de la culpabilité.

  • l’induction est un syllogisme très imparfait, parce qu’il repose sur l’énumération de singuliers, et qu’il ne conclut pas en vertu de la seule disposition des termes. Formellement, il se présente ainsi :

x, y, z sont A

x, y, z sont B

x, y, z représente une énumération de singuliers.

On voit immédiatement que ce syllogisme ne conclut pas en raison de sa forme. Il est pourtant à la base des sciences expérimentales. En effet, le biologiste qui affirme que

x, y, z sont des lapins

x, y, z ont une fécondité réduite en cas de stress thermique

doit considérer que « tous les lapins sont comme x, y, z afin de conclure pour tous les lapins. Ce qui permet cela, c’est un acte de l’intelligence qui saisit dans les singuliers (ici les lapins). L’induction permet de faire l’expérience de l’activité naturelle de l’intelligence qui est la recherche de l’universel.

  • l’exemple est un syllogisme imparfait qui repose lui aussi sur une sorte d’induction, mais un induction à un seul terme (ici : « untel »)

Ainsi lorsque nous argumentons à partir d’une similtude : « Tu vas avoir des soucis si tu fais cela, regarde ce qui est arrivé à untel ! », l’argument est un exemple

  • qui se construit ainsi

untel a fait cela

untel a eu des soucis

donc : celui qui fait cela a des soucis

or tu fais cela

donc tu auras des soucis

  • qui repose sur une similitude et une connaissance : celui à qui il s’adresse doit connaître « unel » et doit avoir avec lui une certaine similitude, sans quoi on répondra : « mais, je ne suis pas comme lui ! »
  • Ainsi, lorsque l’on donne un exemple dans une dissertation, il faut surtout faire attention à la similitude sur laquelle on s’appuie.

Commenter cet article

À propos

Blog destiné aux Terminales en Philosophie